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Hélène BERAUD

Docteur en Génie Urbain, Maître de conférences

L’amélioration de la résilience du réseau de gestion des déchets comme
contributeur à la résilience des territoires aux inondations.

Contact : helene.beraud@u-pem.fr


Résumé:


Au vu des dégâts causés par les inondations qui ont affectées de nombreuses régions dans le monde depuis une dizaine d’années, les territoires urbains semblent peu préparés à faire face à ce type de catastrophe. Améliorer leur résilience, c'est-à-dire leur capacité à se relever rapidement après une inondation, apparaît donc comme un véritable enjeu de développement
durable pour les sociétés.
Les réseaux techniques urbains alimentent, solidarisent, irriguent l’ensemble des composantes des territoires urbains. Cette place stratégique les rend extrêmement influents dans la dynamique de maintien du système urbain global. Ils peuvent être, tour à tour, générateurs de sinistres par l’interruption du flux ou vecteur de la propagation de l’aléa. La caractérisation de
leur résilience aux inondations peut donc s’avérer intéressante afin de mieux appréhender la résilience urbaine. Dans ce cadre, le maintien du réseau de gestion des déchets pendant et après la crue est une question tout à fait prégnante.
En effet, la perturbation de son fonctionnement, voire son arrêt d’activité peut avoir des conséquences extrêmement dommageables en terme de santé, de salubrité publique et de redémarrage du territoire. Le maire, dans le cadre de son pouvoir de police, a ainsi l’obligation d’assurer la salubrité publique, et par là même d’enlever les ordures ménagères. Or, pendant une inondation, le réseau de gestion des déchets peut dysfonctionner du fait de routes
coupées, d’installations de traitement des déchets inondées, ou, encore, de moyens humains et techniques insuffisants. Dans ces conditions, comment permettre au maire de garantir la sécurité et la salubrité dans sa commune, notamment dans les zones non inondées ? Cette difficulté peut se prolonger bien au-delà de la période d’inondation. En effet, les installations
ayant été inondées peuvent ensuite se retrouver indisponibles pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, compliquant par là même durablement la gestion des déchets. En outre, lors d’une inondation, l’ensemble des objets, des biens situés en zone inondable sont généralement dégradés par le contact avec l’eau. Matériaux de construction, branchages, meubles, mobiliers, stocks d’entreprises ou de supermarchés, boues, gravats, cadavres
d’animaux se retrouvent mouillés, mélangés, voire pollués par des  hydrocarbures et des substances toxiques. Que faire de ces déchets ? Comment les collecter ? Où les stocker ? Comment les traiter ? Qui est responsable ? Répondre à ces questions est d’autant plus stratégique que ces déchets sont les traces de la catastrophe. Nettoyer sera donc le premier
réflexe des populations, des acteurs locaux pour oublier mais aussi pour redémarrer le plus rapidement possible.
La gestion des déchets apparaît comme une étape indispensable, voire centrale, de la crise et de la post crise. Or, elle est encore peu prise en compte, comme le montre son absence de la loi du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, et soulève de nombreuses difficultés, notamment en période de post inondation. L’ampleur de l’influence de ce réseau doit donc nous mener à réfléchir aux moyens de prévention de la production de déchets et du
dysfonctionnement du service. Par là même, il est nécessaire de comprendre quels pourraient être les impacts d’une inondation sur le fonctionnement du réseau de gestion des déchets. Cette question constituera le coeur de la notre réflexion. Pour y répondre, et proposer des pistes d’amélioration de la résilience du réseau de gestion des déchets, nous avons mis en place une méthodologie qui se divise en deux parties : une phase générique et une phase d’analyse spécifique à notre terrain d’étude.
La phase générique permet d’élaborer les outils nécessaires à l’analyse des impacts de l’inondation sur le réseau de gestion des déchets. Trois axes de travail ont été définis :
(1) Élaboration d’une méthodologie reproductible d’estimation du gisement potentiel de déchets post inondation : cette méthode sera construite en s’appuyant sur une analyse de la littérature étrangère, des dires d’experts et des retours d’expériences en Europe. Ce travail s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche réalisé avec le CEPRI (Centre européen de
prévention du risque d’inondation) et financé par le FEDER dans le cadre du Plan Loire.
(2) Modélisation du fonctionnement du réseau de gestion des déchets à l’aide d’une conception systémique et d’une analyse fonctionnelle : cette étape doit permettre d’effectuer un recensement systématique des différentes fonctions réalisées par le réseau de gestion des déchets, et ainsi d’en avoir une vision précise et, si possible, exhaustive.
(3) Une fois l’inventaire des fonctions terminé, une modélisation des dysfonctionnements potentiels du réseau de gestion des déchets en cas d’inondation sera réalisée.
La phase spécifique s’appuie sur l’étude du réseau de gestion des déchets de deux communes fortement exposées aux crues de la Seine, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine. En s’appuyant sur les outils réalisés dans la phase précédente, elle a pour objectif :
(1) de faire un diagnostic des impacts d’une inondation sur le réseau de gestion des déchets de ces communes,
(2) et d’émettre des recommandations pour améliorer sa résilience aux inondations. Ces recommandations ont vocation à être transposables sur d’autres territoires.

Dernière mise à jour : 21/09/2018
    

Département Génie Urbain